1. Un DUERP ne se résume plus à une simple liste de risques

Le DUERP doit retranscrire l'analyse des risques réellement rencontrés par vos salariés. Pour être complet, il doit couvrir l'ensemble des 20 grandes familles de risques professionnels définies par l'INRS : manutentions, chutes, circulation, machines, produits chimiques, bruit, risques psychosociaux, incendie, électricité, agents biologiques, etc.

L'objectif est de démontrer que tous les risques auxquels vos salariés peuvent être exposés ont été étudiés.

2. Commencer par les unités de travail

La première étape consiste à découper l'entreprise en unités de travail : atelier, magasin, bureaux, maintenance, livraison, chantier…

Une unité de travail regroupe des salariés exerçant des activités similaires dans des conditions comparables.

À l'intérieur de chaque unité, il convient ensuite d'identifier les différentes phases de travail (préparation, production, nettoyage, maintenance…) puis les situations dangereuses rencontrées lors de chacune de ces phases.

Cette distinction est essentielle : elle permet d'évaluer le travail réel et non une activité décrite de manière trop générale.

3. Que doit contenir l'évaluation des risques ?

Pour chaque situation dangereuse, le DUERP doit permettre de retrouver :

  • l'unité de travail concernée ;
  • la phase de travail ;
  • la situation dangereuse observée ;
  • les conséquences possibles sur la santé ;
  • le niveau de risque brut avant prévention ;
  • les mesures de prévention déjà en place ;
  • le niveau de risque résiduel après prise en compte de ces mesures ;
  • la priorité de traitement du risque ;
  • le plan d'actions associé, avec un responsable et une échéance.

Cette méthode permet de justifier les choix de prévention et de suivre leur efficacité dans le temps.

4. Des obligations différentes selon la taille de l'entreprise

Toutes les entreprises doivent élaborer un DUERP dès l'embauche du premier salarié.

Concernant sa mise à jour :

  • moins de 11 salariés : le DUERP doit être révisé à chaque modification importante des conditions de travail ou lorsqu'une nouvelle information concernant un risque est portée à la connaissance de l'employeur ;
  • 11 salariés et plus : les mêmes obligations s'appliquent, auxquelles s'ajoute une mise à jour au minimum une fois par an.

Les entreprises d'au moins 50 salariés doivent également élaborer un programme annuel de prévention des risques professionnels et d'amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT), tandis que les entreprises de moins de 50 salariés établissent une liste des actions de prévention à mettre en œuvre.

5. Un document vivant, pas un document administratif

Le DUERP n'est pas une formalité destinée à rester dans un classeur. Il constitue la feuille de route de votre politique de prévention.

Il doit évoluer à chaque changement significatif : nouveaux équipements, nouveaux locaux, évolution des procédés, accident du travail, maladie professionnelle, réorganisation ou création d'un poste.

Un DUERP bien construit permet non seulement de répondre aux exigences réglementaires, mais aussi de réduire les accidents, améliorer les conditions de travail et sécuriser juridiquement l'entreprise en démontrant une véritable démarche de prévention.